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DECLARATION DE LA LIDHO RELATIVE A LA SITUATION SOCIO POLITIQUE DE LA COTE D’IVOIRE

janvier 19th, 2017 | by LIDHO
DECLARATION DE LA LIDHO RELATIVE A LA SITUATION SOCIO POLITIQUE DE LA COTE D’IVOIRE
Côte d'Ivoire
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DECLARATION DE LA LIDHO RELATIVE A LA SITUATION SOCIO POLITIQUE DE LA COTE D’IVOIRE

 

Depuis quelques jours, la Côte d’Ivoire est secouée par des revendications à répétition. Ces revendications qui sont de nature à entacher la stabilité du pays sont principalement le fait d’une partie des Forces Armées et des agents de la Fonction Publique.

 

Faits

Les 05, 06 et 07 janvier 2017, une mutinerie de soldats  à Bouaké a été rapidement suivi par leurs collègues  des localités de Daoukro, Daloa, Korhogo, Man et de certains camps militaires d’Abidjan, créant ainsi une panique générale au sein de la population ivoirienne. Les revendications portaient sur le paiement de primes dues par le gouvernement à 8400 ex soldats des Forces Armées des Forces nouvelles (FAFN) et  l’amélioration de leur condition de vie et de travail de l'ensemble des militaires ivoiriens.

Selon un communiqué du gouvernement, un accord avait été trouvé avec les mutins le 07 janvier 2017. Et le paiement de ladite prime aurait été entamé.

De même, du 09 au 13 janvier 2017,  les fonctionnaires de Côte d’Ivoire ont entamé une grève dont les revendications portaient entre autre sur le paiement de stock d’arriérés de salaires et la modification de l’ordonnance de 2012 relative à la pension de retraite …… Face au mutisme des autorités, la grève a été reconduite jusqu’au 20 janvier 2017.

Du 16 au 18  janvier 2017, un autre groupe de mutin constitué de gendarmes a également entamé une manifestation portant sur les mêmes revendications que leurs frères d'armes à partir de la ville de Yamoussoukro et s’étendant dans certaines villes et au port autonome d’’Abidjan. Selon les informations relayées par les médias, il y’auraient eu des affrontements entre les militaires et les gendarmes à Bouaké occasionnant ainsi plusieurs morts et des blessés.

Face à cette fronde sociale et à ces mutineries, le gouvernement à travers son communiqué du  mercredi 18 janvier 2017, a indiqué, s'agissant des militaires, qu'il « s’agit d'une prime concernant des soldats engagés dans la sécurisation du processus de paix après les accords de Ouagadougou entre 2007 et 2011 ». Et que « les Forces de défense et de sécurité (Fds) à l'époque ayant  reçu leur prime,  il n’en était pas de même pour leurs frères d'armes des Forces armées des forces nouvelles (Fafn). » ; confirmant par le même communiqué, la mort de quatre personnes et des blessés.

S'agissant de  la grève des fonctionnaires, le gouvernement déclare avoir pris des décisions qui seront soumises aux responsables des syndicats le jeudi 19 janvier 2017 à l'occasion d'une rencontre avec les syndicats concernés.

Analyse

Au regard de ce qui précède, la LIDHO voudrait marquer son inquiétude face à   cette situation qui est similaire en tout point, à celle qui a précédé les dix années de crise qu’a connu la Côte d'Ivoire, tout en condamnant vigoureusement les graves atteintes aux droits humains qui en découlent, notamment le droit à la vie, le droit à l'intégrité physique, le droit à la libre circulation, le droit à l’éducation et autres……

Par ailleurs, la LIDHO tient à présenter sa compassion aux familles des personnes décédées et aux blessés.

Profondément préoccupée par cette grogne sociale et ces mutineries, la LIDHO fait les recommandations suivantes :

Recommandations

Au gouvernement

En rapport avec la fronde sociale

  •  De suspendre l’application du texte litigieux en attendant une concertation inclusive permettant d’aplanir  les points de contradiction et d’incompréhension ;
  • De privilégier le dialogue social avec les syndicats des fonctionnaires.

En rapport avec la mutinerie

  • De dialoguer avec l’ensemble des forces militaire, gendarme, police, garde pénitentiaire
  • De veiller à la sécurité des personnes et des biens sur toute l’étendue de territoire nationale ;

Aux syndicats grévistes

  • De veiller à ce qu’un service minimum soit assuré et aussi de respecter les droits de ceux qui ne s’associent pas à la grève ;
  • De rester totalement ouvert au dialogue afin d’éviter un enlisement de la situation;

Aux Forces armée nationales (militaire, gendarmes, policiers, garde pénitentiaire ou républicaines)

  • De se rapprocher de leur hiérarchie en cas de mécontentement ou protestation ;
  • D’éviter de recourir aux armes comme moyen de revendication

A la population

  • De rester calme et d’éviter de diffuser des rumeurs dans le but d’envenimer la situation sociale
  • De poser des actes de nature à renforcer la cohésion sociale et la paix.

 

 

 

Fait à Abidjan le 18 janvier 2017 

 

Le président de la LIDHO

M. KOUAME Adjoumani Pierre

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